Triskèle

Le triskèle, également orthographié triskell ou triskel ou appelé aussi triquètre ou encore triscèle (du grec τρισκελης, « triskélès » qui signifie à « trois jambes ») est un symbole représentant trois jambes humaines (triskèle du premier type), ou aussi de trois spirales entrecroisées (triskèle du second type) ou tout autre symbole avec trois protubérances évoquant une symétrie de groupe cyclique .
Bien qu’il soit apparu dans diverses cultures et à différentes périodes, il est considéré comme une caractéristique importante de l’art celtique à l’époque de la Tène (second âge du fer, Ve – IIe siècle av. J.-C.).

Un « triquètre », représentant trois jambes, est présent sur le drapeau de la Sicile depuis 1285. Ce symbole existe également depuis 1931 sur le drapeau de l’île de Man (même représentation, également au centre du drapeau mais avec armure).

Signification

De nombreuses significations ont été avancées sans qu’une seule puisse être privilégiée :

  • dans la mythologie celtique, il peut représenter les trois dieux principaux : Lug, le dieu primordial, le Dagda et Ogme. Il évoque aussi le caractère trinitaire de la déesse unique (fille, mère et épouse) ou la roue solaire (attribut du Dagda),
  • dans un autre registre, il est censé représenter les trois éléments : la terre, le feu et l’eau et non, l’eau, la terre, le feu et l’air (la notion d’air étant de très loin contemporaine à ses origines). Certains bretons disent qu’il représente l’eau, l’air et le feu, la terre étant au centre,
  • il peut aussi représenter la continuité du temps qui passe : passé-présent-avenir ; ou encore les trois âges de la vie (jeunesse, âge mûr, vieillesse),
  • il est également dit qu’il pourrait être représentatif des « Trois Mondes » : le Monde des vivants, le Monde des Morts et le Monde des Esprits,
  • une autre représentation celtique : trois éléments primordiaux, l’air (en haut), l’eau (à gauche qui s’enroule comme une vague), la terre (à droite, comme une pousse de fougère qui se déploie). Le feu n’est possible que par la présence de deux éléments primordiaux, terre et air, et ne serait pas considérée comme un élément primordial. Cette signification ramène également aux trois états de la matière (solide, liquide, gazeux),
  • il est difficile de donner au triskel une symbolique exacte, la transmission du savoir chez les druides ne s’étant faite que de manière orale,
  • en Sicile, on dit qu’il représente les trois extrémités de l’île (capo Peloro au nord-est, capo Passero au sud, capo Lilibeo à l’ouest), et on l’appelle la Trinacria,
  • le triskèle en spirale semble être un symbole solaire.

Sa représentation peut être dextrogyre, en ce cas c’est un symbole positif et bénéfique ; s’il est lévogyre, l’interprétation est contraire. Certains considèrent que son orientation n’a pas d’importance.

D’après d’autres sources, notamment néodruidiques et suivant lesquelles le triskèle représente une symbolique du mouvement en spirale de tout corps gravitant au sein de l’Univers, l’orientation de ses branches ne revêt absolument aucune importance puisque la rotation de tout corps, suivant qu’elle est observée par au-dessus ou par en dessous, change automatiquement de sens. Suivant la même interprétation druidique, les trois spirales représentent la fusion entre trois concepts (repris d’ailleurs plus tard par la religion chrétienne sous la forme de la sainte Trinité) : Esprit, Âme et Corps.

Cette théorie pourrait simplement être une mutation de celle qui prévaut d’après certaines sociétés druidiques et selon laquelle le monde est composé de trois « sous-mondes » indissociables, à savoir :

  • Abred : le monde tangible (donc le corps, la chair, le mortel).
  • Gwenved : le monde où viennent transiter les âmes avant leur réincarnation.
  • Keugant : le monde divin, summum de la perfection, mais auquel les âmes (et les corps bien sûr) n’ont pas accès.

Popularisation

Le triskèle a été adopté dans les milieux druidiques à la fin du 19ème siècle. On le trouve dans des revues à caractère nationaliste breton avant 1914. Ultérieurement, il a été propagé par le Parti national breton qui l’a adopté comme insigne en 1940.

Le renouveau de la musique bretonne et son succès, tant en France que dans le reste du monde, sous l’influence d’Alan Stivell, dans les années 1970, a fortement contribué à populariser le symbole.

Dès le moment où on l’a vu sur les plateaux télé, en couverture de magazines, et dans les concerts, arborer un grand triskèle, il a lancé une mode, d’abord en Bretagne, et même à un certain degré dans toute la France.

De mode, il s’est installé ensuite dans l’image symbolique de la Bretagne, et dans des cadres aussi divers que le tourisme, les marques commerciales, la culture, etc.

Les venues d’Alan Stivell en Espagne ont aussi amené des organismes divers, mouvements et autres à l’arborer, notamment en Galice et en Asturies, même s’il a atteint une certaine renommée jusqu’au sud de l’Espagne, et à un degré moindre dans d’autres pays comme l’Italie.

Utilisations du nom

  • Triskell est le nom de plusieurs groupes de musique celtique. C’est aussi le nom d’un groupe de rock apparu en mai 2007 et mené par la chanteuse bretonne Lucie Payen.
  • Nom du bulletin intérieur du Parti national breton, qui avait adopté en 1940 le triskèle en remplacement du Hévoud abandonné en 1938 du fait de sa ressemblance avec la croix en forme de svastika devenue à connotation trop négative.
  • Le Triskell est le symbole représentant les extra-terrestres dans la série Threshold de Bragi Schut.

Source : Wikipédia