10 ans de Menez Meur pour les divros

Il y a 10 ans, Florian Nicolas de passage à Strasbourg, mettait en place un ensemble bombarde dans le but d’améliorer la technique du pupitre du Bagad Kiz Avel. La formule à permis à des sonneurs issus d’autres formations de participer aux concours organisés à menez Meur par BAS 29.

Au fur et à mesure des années, les effectifs ont gonflés au point qu’il a fallu faire deux, puis trois groupes. Pour les 10 ans de concours de Menez Meur quatre ensembles dont trois fédéraux concouraient sous le soleil radieux des Monts d’Arrées.

Des ensembles de divers départements et dont les sonneurs sont issus du même ou de groupe différent se sont créés depuis et concourent selon leurs disponibilités : Les Kosovars de Clichy issus du bagad Kériz de Clichy, Balzac de … Balzac, Coeur de France regroupant des sonneurs de la région Centre (Blois, Bourges, Orléans et Tours) qui a concouru en D l’année de sa création, et a réalisé une deuxième prestation en 2012 en C. La Kevrenn Orléans a participé deux ou trois fois, Kiz Avel une fois et a remporté le concours en D 2002.

Les objectifs de ces ensembles sont de poursuivre la formation dans un cadre différent. La préparation d’un programme spécifiquement écrit pour les bombardes permet de mettre en oeuvre des méthodes de travail plus précises dans différents domaines : justesse et accord de l’ensemble, approfondissement technique, apprentissage du jeu soliste…

 

Ces ensembles sont aussi des challenges musicaux en soi. Ouvert à tous moyennant quelques compétences de base suffisamment maîtrisées, c’est un espace de création qui permet aux sonneurs Divroet de profiter d’une expérience musicale peu développée hors de Bretagne. Cette structure décharge les sonneurs de l’organisation et les recentre du coup sur le travail musical proprement dit.

 

Ces ensembles ont vocation à rassembler des sonneurs de différents groupes géographiquement éparpillés. Le travail de préparation se réalise de la manière suivante :
- Envoi des partitions et une maquette MIDI avec le montage explicatif de la suite à travailler.
- Répétitions autonomes par petits regroupements.
- Série de sessions de répétitions en regroupant les sonneurs à un endroit commun. Elles prennent la forme de trois stages d’ensemble : deux à Rennes au cours du printemps et un dernier la veille du concours au Lycée du Nivot à Lopérec, Finistère.

Au départ de l’aventure, les répétitions organisées sous la conduite de Florian se déroulaient aux quatre coins de la France, les sonneurs s’occupaient à tour de rôle de la logistique, (hébergement, repas et salles). Une organisation reposant sur le bénévolat et la bonne volonté de chacun, la première répé à Strasbourg, d’autres à Orléans, coulommiers…… La répétition finale avait lieu dans un camping en bord de mer dans le Finistère, Plomodierm, de l’ambiance, du travail, mais peu de sommeil et pas beaucoup de place. Lorsque les effectifs ont augmentés, création du groupe qui concourait en A, il a fallu trouver d’autres lieux pour des raisons logistiques : places d’hébergement et salles de répétitions. Dans un premier temps Blois avait été choisi. Nous avions posé les valises dans une sorte d’auberge de jeunesse. Mais les conditions n’étaient pas optimales : salles en nombre insuffisantes, heures de répétitions limitées à cause de la proximité de logements et parfois un voisinage peu sensible à la musique bretonne !!.

 

Depuis 3 ans les deux premières répétitions d’ensembles se déroulent dans une structure à Rennes dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale. Les journées sont intensives, tous les participants ayant à coeur de donner le maximum pour l’objectif qu’ils se sont fixés et les soirées sont festives et permettent de se connaître mieux et de créer une osmose dans les groupes et entre groupes.

 

Le dernière répétition avant le concours se passe à Lopérec depuis maintenant 5 ans. Tous les ensembles divroet qui concourent répètent toute la journée, les formateurs mettent au point les derniers détails en vue du lendemain. En fin de journée chaque groupe présente sa suite.

Micro-trottoir

 

Aurélie de Tours (37)

Menez Meur c’est l’occasion de faire des rencontre, de jouer en ensemble, de travailler des morceaux qu’on aurait pas forcément l’occasion de travailler dans son groupe d’origine.
Menez-Meur c’est un ouverture d’esprit, une prise conscience de ce qu’on peut donner au groupe et au public.
Menez-Meur c’est plusieurs stages de formation.
Menez-Meur c’est tout simplement le partage d’une passion commune.
Pour ma part, les 3 éditions auxquelles j’ai participé m’ont permis de progresser. D’abord en C puis en B et enfin en B ET C, j’ai fourni un travail personnel qui a révélé ma capacité à travailler seule. A chaque édition, on en prend « plein les oreilles »! On a des moments partagés de rigolades. Rien que pour cela, j’y retournerai. Mais pas seulement. Mais c’est aussi du stress, des trous de mémoires, de la fatigue…

Participer à ce projet en parallèle du bagad et de mes autres occupations a été une folie, mais une folie que je suis prête à renouveler autant de fois qu’il me plaira ! Je re-signerais avec GRAND PLAISIR le contrat Menez Meur !

Menez Meur un jour, Menez Meur toujours ! à bon entendeur !

 

Sébastien d’Orléans (45)

Mes motivations pour cette aventure : « Voir Loïc taper du pied  » ça compte !! Non plaisanterie mise à part, c’est jouer ensemble dans la bonne humeur. Et ce que ça m’a apporté : une sacré évolution dans le son. Merci également à Charlène pour cela.

 

Clotilde d’Angers (45)

Menez Meur, c’était pour moi une aventure vers l’inconnu. Une aventure musicale. Un défi personnel que je me suis donné, un premier concours. Une autre expérience que ce que je vis au sein de mon propre bagad. De nouvelles rencontres. Des horizons différents. J’y ai trouvé une expérience riche et unique, où j’ai pu me situer musicalement, évoluer, progresser en jouant des airs et des styles différents de l’habituel.

Cela m’a permis de découvrir d’autres techniques, de prendre du recul sur mon jeu, de m’ouvrir musicalement. Il y a Menez Meur, le jour du concours, mais il y a aussi l’avant. Les week-ends de répétition avec tous les participants, où l’on partage nos expériences, où l’on peut discuter, apporter chacun son vécu musical, mais aussi parler de tout autre chose ! Cela permet de rencontrer des gens de bagadoù différents, pas forcément amenés à se rencontrer autrement, et que l’on retrouve d’une année sur l’autre.

Il y a aussi les répétitions, intenses musicalement et physiquement, mais si enrichissantes. L’apprentissage des airs où l’on est seul au début, très bon point pour une meilleure évolution.

C’était une première, et sûrement pas la dernière !

 

Alain de Le Chesnay (78)

Les divros, c’est une grande famille venus des (quatre) six coins de l’hexagone, on vient sonner en (Finistère) Bretagne. Très motivés on se retrouve en mode projet (flash) avec un spectacle (une fête) comme objectif, un concours dans la tradition qui ne prend pas la tête, c’est l’esprit Menez Meur, et avec cependant un travail perso intense qui profite au groupe en ensemble constitué. Un peu magique ce rassemblement de sonneurs fous qui roulent 100, 200, 500, 800 km plus le retour pour aller faire du bruit dans un endroit improbable au milieu des loups, des korrigans (pas vu la Dame Blanche).
J’apprécie l’écriture de Florian, sa direction, l’expérience très étendue qu’il partage avec nous ; car il est partageux !
C’est une chance pour tous d’apprendre avec lui ! Avec les différents groupes il entend ses compositions.
C’est donnant gagnant l’expérience que j’en tire :
- l’envie de sonner encore et toujours, particulièrement en ensemble bombarde, une formation assez rare en définitive,
- le plaisir de la rencontre des sonneurs (copains) venus de partout,
- une ouverture qui enrichit l’expérience locale qu’on peut avoir dans son bagad.
On se rend compte que dans certains groupes divro cela bosse dur avec peu de moyens mais avec une telle motivation et un niveau qui progresse en conséquence.
Rencontrer à Menez Meur les autres ensembles est enrichissant ! On aimerait sonner toute l’année avec les bretons de l’intérieur, mais aussi leur montrer aussi qu’on a un peu de métier et qu’on aime çà aussi hors Bretagne, qu’il nous arrive d’avoir un peu de style et de ne pas faire pas trop mauvaise figure devant les juges les bonnes années, comme quoi les divros, ces parigots, … ;-)
Enrichissant d’y entendre de très bons groupes de Bretagne et de prendre conscience des écarts de niveau et d’exigence de travail sur toute l’année, mais aussi du potentiel de progression des groupes divroet qui peuvent progresser.
Ces stages divro et sessions Menez Meur sont aussi là pour cela.
Enfin l’esprit divroet : « il y a une place pour chacun ».

 

Loïc de Blanquefort (33)

A 50 ans je me suis initié à la bombarde à Blanquefort (33) dans le groupe de bombardes « Sonerien Kernevez ».
Lorsqu’on commence à cet âge la musique et en particulier la bombarde, l’envie ne suffit pas. C’est surtout grâce au groupe, sa patience et son envie de transmettre sa passion que je me suis mis à faire des progrès.
Après une année de flûte et bombarde je réussissais à jouer un hanter dro pas parfait mais avec grand plaisir.
Au cours de la deuxième année mes amis sonneurs m’ont parlé de MENEZ MEUR .
Petit à petit j’ai découvert qu’il allait falloir travailler encore plus sérieusement les partitions.
La préparation en stage à rennes sur 2 week-ends intensifs ont été une vraie découverte avec d’autres sonneurs divroet et bien sur le lieu magique de Menez Meur avec les bombardes cornemuses percussions et danseurs et danseuses de 7 à 70 ans.
Menez Meur permet aussi de voir et d’apprécier le travail accompli par les autres musiciens et danseurs.

 

Loïc de Bourges (18)

Pour ma part, j’en suis à la 9 ème participation, et je ne m’en lasse pas, seul Florian, meneur oblige a connu les dix sessions !!. Du groupe d’origine, il ne reste que moi et Florian. Je me souviens de la première répé, pas la porte à coté depuis Bourges !!, elle se déroulait à Strasbourg, de la route, de la fatigue mais je dois dire une très bonne expérience. C’était pour moi quelque chose de nouveau, travailler et jouer dans un contexte différent, hors du cocon bagadistique de mon groupe d’origine : la Kevrenn Orléans. Je ne savais pas qu’il était possible de sonner en ensemble bombardes et encore moins qu’il existait des concours en Bretagne dédiés à ce genre musical. Je garde en mémoire pas mal de bon moments, j’ai rencontré des sonneurs sympas de divers horizons, quelques noms pêle-mêle : Rodolphe à Strasbourg, Anne à Coulommiers, Philippe à Dijon, Ydriss à Lile, Pierre-Yves, Anne, Momo, Sergio de Bordeaux et bien d’autres, chacun a apporté sa pierre à l’édifice. La rencontre, c’est un des atouts majeurs de Menez-Meur, c’est une richesse que de pouvoir échanger et partager autour de notre passion commune, comme sur bien d’autres sujets (même les p’tits crus locaux et petites gourmandises des terroirs divroetiens !!).A mon sens le niveau a considérablement évolué, la progression a été constante. Il y a eu cet épisode où le groupe concourant dans la catégorie C a remporté la première place avec un gros écart vis à vis du second, mais y a renoncé et a concouru pour la première fois en B pour finalement terminé 5ème sur 9. Cependant, le palmarès n’a jamais été une finalité pour le groupe Orchestra Divroet, faire de la bonne et belle musique, si !!. Les groupes locaux se sont habitués à voir des ensembles divroet concourir, et je crois que la prestation qui avait regroupé 34 ou 35 sonneurs a laissé des traces dans les mémoires. La création du groupe A, a été une bonne chose, cela a permis à mon sens au groupe B de prendre une plus complète autonomie. Depuis, je me suis risqué sur les pas de Florian, pas avec la classe du Maître bien sur ! Mais j’essaye au travers du groupe “Coeur de France” que je dirige de créer cette même dynamique et je crois que les sonneurs de ce groupe ont chopé le virus. Je pense que quelque part c’est le prolongement du travail de Florian, semer des p’tites graines un peu partout et puis ? Les groupes divro ne sont pas là pour faire bonne figure ou meubler, ils apportent aux concours d’ensemble bombardes une touche particulière. Leur marque de fabrique, c’est une envie de jouer et en même temps de raconter, d’exprimer des choses et en premier lieu de la passion. Les groupes divro, et c’est une bonne chose ont finis par abandonner leur complexe d’infériorité, on peut faire de belles suites et de la bonne musique, même si on ne vit et ne joue pas en Bretagne !!
Comme dirais l’autre, on ne savait pas que c’était impossible et c’est pour cela qu’on la fait. Alors en un mot comme en dit Merci Monsieur Couac.

 

Et puis Menez Meur c’est aussi Monique et Jean dont le dévouement et la gentillesse permettent à chacun d’entre nous de profiter pleinement de Menez meur, alors un très grand merci à eux deux.