Le Bagad Gwengamp et sa première création : Gwem’s Bronx

Par Iwan Ellien et Cédric Le Bozec, Bagad Gwengamp

Iwan Ellien : président du bagad de Guingamp, chef batteur du bagad, et également directeur de l’école de musique de Guingamp et du Léguer au Jaudy. Enseigne la flûte traversière dans ces deux écoles ainsi que la caisse claire au sein de la fédération BAS 22.

Cédric Le Bozec : permanent à BAS 22, chef cornemuse au bagad, et pour ce projet, responsable musical.

 

DN : comment décide t’on de créer une carte blanche ? Est-ce une commande ?

 

C. Le Bozec : ce n’est pas une commande. C’est un projet que j’avais en tête depuis quelques temps. D’une part, je l’ai soumis à l’ensemble du bagad qui a tout de suite été intéressé par cette nouvelle expérience, et d’autre part, j’ai sollicité Soïg Sibéril, Pat O’May (avec qui le bagad intervient régulièrement pour ses différents spectacles), ainsi que Jean-Marc Illien qui est un compositeur au bagad Gwengamp. Selon moi, cette création a pour but d’interpréter un univers musical totalement différent de celui des prestations habituelles.

 

I. Ellien : pour compléter, je souhaite vous informer que ce spectacle sera joué au festival de la Saint-Loup le 8 août prochain, en première partie de la création du bagad Briec. Ainsi, le président du festival a convié le bagad de Guingamp et ses invités pour une carte blanche, ce qui est une grande marque de confiance à l’égard de notre groupe.

 

DN : puisque ce n’est pas vraiment une commande, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire cette création ?

 

I.E : nous avions cette année dans l’optique de faire autre chose que les concours BAS. Ces concours sont très intéressants et plus qu’importants, car ils donnent l’occasion aux groupes de travailler d’arrache-pied dans l’année, pour produire la meilleure musique possible. Cela dit, la musique de bagad tourne aujourd’hui, à mon sens quelque peu en rond, d’une part, résultante d’un règlement trop complexe, et d’autre part, même si on explore des terroirs différents chaque année, on se trouve un peu en vase clos lors de ces concours, et l’intérêt c’est d’ouvrir une fenêtre sur l’extérieur, d’élargir notre répertoire musical, avec des artistes provenant d’univers totalement différents.En plus de cela, nous avons beaucoup de jeunes au sein du bagad qui sacralisent ces concours, ce qui leur fait parfois perdre leurs moyens. Je pense que ce spectacle va leur permettre d’avoir une autre approche de la musique
bretonne et de la musique en général, d’être beaucoup plus relax, même s’il va y avoir un peu de stress et de la rigueur dans le travail. Mais ce travail là sera différent du travail réalisé pour les concours.C’est aussi une aventure humaine que nous avions envie de vivre entre notre structure et des artistes de renom. Je finirai juste en disant que le bagad a déjà accompagné des artistes tels que Gilles Servat, Alan Stivell, Carlos Nuñez, mais ce sont à chaque fois des événements ponctuels. Il n’y a pas suffisamment de répétitions avec les artistes pour ces événements, donc pas de travail de fond. La différence ici c’est que nous n’allons pas jouer qu’une seule fois ce spectacle, on a donc mis en place un travail rigoureux comprenant de nombreuses répés avec tout le monde. C’est un travail sur du long terme, un vrai partenariat avec les artistes invités.

 

DN : y a-t-il de nombreuses contraintes techniques et d’organisation à faire une carte blanche ?

 

C.LeB : oui, évidemment il y a de nombreuses contraintes. Tout d’abord, il faut savoir que nous avons utilisé le répertoire du bagad pour monter ce spectacle. J’ai repensé les morceaux avec les musiciens intervenants. Mon but était d’essayer de faire un groupe de rock avec un bagad. Souvent, dans les groupes de rock, on trouve le bagad qui intervient sur les refrains ou sur les fins de morceaux, pas suffisamment en tout cas ! Le but du jeu ici est de mettre le bagad en avant avec tous les musiciens qui travaillent pour le mettre en valeur.Pour faciliter les choses, j’ai utilisé la musique du bagad que j’ai mise sur des fichiers informatiques, j’ai samplé les sons en fichiers midi et j’ai proposé aux musiciens de se retrouver pendant 3 jours. On a travaillé sur des arrangements par rapport à des idées que j’avais, mais en essayant de ne pas trop les freiner dans leurs envies musicales. C’est assez compliqué car il est prévu d’avoir 60 personnes sur scène, et essayer de réunir tout le monde n’est pas facile.
Maintenant que cette première mise en place a été faite, chacun travaille de son côté, et on aura une semaine de travail en résidence dans quelques temps pour finaliser le tout. Il faut savoir que tous les gens du bagad sont bénévoles et ce n’est pas facile de réunir tout ce petit monde qui, par ailleurs, travaille et a une vie de famille. La plupart d’entre eux vont d’ailleurs prendre des congés pour pouvoir réaliser ce spectacle. C’est aussi difficile de mobiliser nos artistes invités qui eux sont professionnels et ont beaucoup de dates déjà prévues, ce qui fait que pour l’instant chacun bosse dans son coin sur une maquette.

 

DN : vous faites intervenir des musiciens extérieurs, qui sont-ils ?

 

C.LeB : Pat O’May à la guitare électrique, Soïg Sibéril à la guitare électro-acoustique, Jean-Marc Illien au clavier, Xavier Soulabail bassiste et Frédéric Moreau à la batterie. Il y aura aussi des danseurs extérieurs managés par Nicolas Le Fol surnommé Marcel, du cercle de Pommerit-le-Vicomte qui avait pour mission de trouver 4 couples de danseurs pour le spectacle. Il avait carte blanche pour former son équipe qu’il est allé chercher à Saint-Evarzec, Pommerit, etc. il a joué sur la diversité, il y a des gens d’horizons différents. Leur tenue ne sera pas les habituels costumes du cercle mais je laisse la surprise aux lecteurs de venir découvrir le reste…

 

DN : nous avons donc le nom de la création qui est « GWEM’S BRONX ». Comment l’avez-vous trouvé ?

 

IE : Gwem’s est le surnom des musiciens du bagad depuis longtemps. Cédric a composé un morceau qu’il a intitulé Gwem’s bronx, titre que nous avons repris pour le spectacle. Le bagad enregistrera en septembre un CD/DVD reportage de ce spectacle qui sortira, nous l’espérons, pour Noël.

 

DN : vous êtes-vous inspirés d’autres créations existantes pour votre spectacle ?

 

IE : non, pas du tout. Chaque création de bagad a sa fraîcheur, ce ne sont pas les mêmes artistes ni les mêmes instruments qui interviennent à chaque nouvelle création. Nous savions dès le début ce que nous voulions faire, nous avions notre optique qui est un mélange de rock’n roll et de musique traditionnelle bretonne revisitée, enrichie, diversifiée par de nouvelles sonorités et de nouvelles rencontres musicales. Chaque création est différente de par son originalité, et par les artistes qui la jouent.

 

C.LeB : à l’origine, ce qui m’intéressait c’était effectivement ce côté musique traditionnelle mélangée avec un groupe de rock et donc forcément l’impact sonore du bagad. Et ce qui me plaît, c’est ce « duel » entre deux guitaristes qui proviennent de deux univers très différents, l’un est guitariste rock et l’autre guitariste de musique trad.

 

DN : est-ce que la création a pris plus d’importance au sein du bagad que le concours ?
IE : le bagad qui a été créé en 1972 a participé à tous les concours depuis sa création. Cette année, la commande était tellement lourde, à savoir l’échéance qui arrive le 1er août au festival de Lorient, la création qui doit être jouée au festival de la Saint-Loup le 8 août, (il faut savoir que c’est un spectacle d’une heure) et les morceaux un peu inédits à travailler pour accompagner Carlos Nuñez, que, plutôt que de faire les choses à moitié, on a décidé d’occulter le concours de Lorient pour cette année, (sachant qu’au niveau du règlement il n’est pas pénalisé), pour se consacrer exclusivement à la création et au passage avec Carlos Nuñez.

 

DN : quel sera le contenu du spectacle ?

 

IE : c’est donc une création qui va durer une heure où nous allons explorer plusieurs univers. Il y a, d’une part les compositions de Cédric, et d’autre part le répertoire traditionnel du bagad issu des terroirs plinn, loudéac, et le rock’n roll qui vient à la rencontre du bagad. La batterie sera mise en valeur avec un ensemble de batteries/percussions assez éclectique avec des djembés, ce qui va nous aider à explorer plusieurs facettes de la musique.
DN : est-ce qu’on aura droit à la dérobée de Guingamp ?

 

IE : je ne sais pas, on n’en n’a pas parlé mais pourquoi pas ? Dieu seul le sait, mais, vous savez, il n’est pas très bavard…

 

 

SOÏG SIBERIL guitariste traditionnel

 

 

Divroet Newez : Bonjour Soïg, tu as accepté l’invitation de Cédric à participer au tout nouveau spectacle du bagad de Guingamp. Parles nous un peu de ce partenariat.

 

Soïg Sibéril : chronologiquement, je connaissais Cédric de vue, et par le fait qu’il habite Tréffrin, et moi Trébrivan qui est à 5 km, on a eu l’occasion de se rencontrer plusieurs fois au café image « L’Atelier ». L’année dernière il y a eu comme tous les ans, l’hommage aux soeurs Goadec qui a lieu à Tréffrin fin juillet, et Cédric m’a demandé si je voulais bien essayer une formule pour cette occasion, cornemuse/guitare. J’ai bien sûr répondu que ça m’intéressait. J’avais déjà joué avec Gwerz et Denn, en duo aussi avec Patrick Molard, ce n’était donc pas ma première expérience avec une cornemuse. J’étais content de refaire cette expérience là. On a donc travaillé pour le fest noz de l’hommage aux soeurs Goadec l’année dernière et du coup ça nous a bien plu ainsi qu’aux gens qui étaient présents. On s’est alors dit que ça serait bien de continuer avec cette formule cornemuse/guitare qui est assez originale en fait. Ce qui me plaît dans cette expression c’est que je ne me borne pas uniquement à un accompagnement, on fait comme les couples de sonneurs, quelquefois la guitare prend le thème, d’autres fois elle se met en retrait, le duo permet de faire ce genre de choses et c’est un challenge très enrichissant. Cette aventure est aussi une histoire d’amitié. Quand Cédric m’a parlé de ce projet de création de carte blanche avec le bagad de Guingamp, j’ai bien sûr dit que j’étais partant, j’aime les nouvelles expériences musicales. Et puis je suis vraiment content de travailler avec Pat O’May (qui est aussi un voisin) parce que ça fait des années qu’on se connaît mais on n’avait jamais eu l’occasion de jouer ensemble. Ça va être une première pour nous deux. Je connais bien Jean-Marc Illien au clavier, pour avoir travaillé avec lui et Denez Prigent il y a quelques années. C’est une bonne équipe. Cédric m’avait fait écouter la maquette qu’il avait enregistrée, j’aimais bien les thèmes, et le fait d’amener des danseurs me plaisait bien. On a fait une première répétition de 3 jours, avec uniquement les artistes invités, et sous la houlette du chef d’orchestre Cédric, on a travaillé sur la maquette. On attend la prochaine répé qui se déroulera au mois d’août, puis le concert, et l’enregistrement à la clé.

 

DN : Soïg, est-ce la première fois que tu travailles avec un bagad ?

 

SS : j’ai déjà eu l’occasion de jouer avec le bagad d’Auray il y a une vingtaine d’années, mais juste avec la section cornemuses. On avait fait une création avec Denn à l’époque et on avait voulu l’agrémenter avec des sons de cornemuses. Mais c’est quand même inhabituel pour moi de travailler avec un bagad.

 

DN : qu’attends tu de ce travail avec le bagad ?

 

SS : la première chose c’est que ce soit un très beau concert, et ensuite comme ce sont les rencontres musicales, j’ai hâte de rencontrer les membres du bagad, les danseurs, créer des liens avec le groupe. Ce que j’en attends aussi c’est que ce spectacle tourne de temps en temps et ne soit pas joué qu’une seule fois comme le sont certains spectacles.

 

DN : de quelle façon vas tu travailler avec le bagad ? tu as dit tout à l’heure que vous vous étiez déjà réunis une fois ? On t’as donné des partitions ?

 

SS : on a mis pas mal de choses au point lorsqu’on a travaillé pendant ces trois jours avec le groupe, et virtuellement avec le bagad. J’ai travaillé tout ce qui était accompagnement et arrangement des thèmes avec Jean-Marc et Pat. Pour ce qui est des partitions c’est peine perdu car je ne lis pas la musique, je suis un autodidacte.

 

DN : est-ce que chacun de vous garde son propre style ?

 

SS : ah bien sûr, l’univers de Pat et le mien sont complètement opposés mais il y a toujours des ponts possibles, notamment au niveau de l’amour qu’on a pour la musique celtique. On aura aussi des plages de soliste réservées, des thèmes à danser que j’adore interpréter à la guitare. Et je suis vraiment content de retravailler avec Jean-Marc parce que c’est quelqu’un qui a de très bonnes idées au niveau des arrangements.

 

DN : quels sont tes projets ? Que fais tu en ce moment ?

 

SS : j’attaque un nouvel album solo qui sera mon 7ème album. J’aime bien varier, faire des disques plus intimes dédiés à la guitare, et d’autres fois plus ouverts, comme le dernier que j’ai fait avec des machines, j’aime mélanger les différents univers.Là j’ai eu envie de revenir aux sources et faire un album solo qui sera complètement solo sauf une petite plage pour une chanson qu’à écrite Jamie et qu’il interprétera avec Nolwenn sur une musique que j’ai faite. Jaimie m’accompagnera aussi sur 4 ou 5 thèmes du CD. Je suis en plein dans l’enregistrement qui va commencer dans quelques jours et qui devrait sortir pour la fin de l’année à la Coop Breizh.

 

J’ai aussi demandé à Hervé Bellec qui est écrivain de faire des petites annotations par rapport au titre du CD. J’aimerais bien aussi qu’il m’écrive pour chaque morceau un petit texte ou un petit mot, comme il le sentira. Et si il y a assez de sous il y a l’idée de coupler et faire un DVD pédagogique sur quelques morceaux. Sinon pour l’été je continue toujours mes concerts solo, avec Nolwenn aussi. Je dois bientôt jouer aux Francofolies pour une création avec des musiciens du centre France et 5 chanteuses qui vont interpréter des chansons françaises et berbères.

 

 

PAT O’MAY – Guitariste rock

 

Divroet Newez : Bonjour Pat, comment en es-tu arrivé à accepter cette proposition de Cédric à intervenir dans la création du bagad de Guingamp ?

 

Pat O’May : ça fait quelques années que je fais des échanges avec différents bagads, j’en ai fait avec Lokoal Mendon, et sur mon dernier disque, le Bagad Brest Saint-Mark intervient sur un des morceaux. C’est un travail qui me plaît, de mélanger les puissances. Ce que je recherche dans un bagad c’est l’énergie, l’intensité. Niveau harmoniques c’est pas trop mon truc. J’aime bien mais c’est pas ce qui me passionne. Par contre ce que j’aime, c’est de trouver des points communs entre les différents
styles musicaux, de faire fusionner les choses. La rencontre avec Cédric, (mis à part le fait que l’on se connaissait depuis un petit bout de temps) s’est faite lorsque j’ai fait un festival à Guingamp, je voulais rejouer ce morceau en live avec un bagad, et je lui ai demandé si ça les intéressait de venir là-dessus. Le contact musical s’est donc fait autour de ce concert là il y a un an. La mayonnaise a bien pris, musicalement et humainement, et nous avons refait d’autres concerts ensemble, et allons en refaire encore avec mon répertoire.
Lorsque Cédric a eu envie de monter cette création il m’a appelé, et forcément ça m’a semblé logique d’accepter sa proposition. C’est la première fois que Soïg et moi allons jouer ensemble et c’est assez fou parce que lorsque je suis arrivé en Bretagne, il y a 20 ans, c’est le premier guitariste d’obédience celtique que j’ai rencontré. Il n’y a jamais eu aucune défiance de sa part, du genre « bah ! c’est un mec qui vient du rock ! »… Je viens du hard rock tu vois, je suis un guitariste de métal. C’est un des seuls musiciens du sérail breton qui a eu cet accueil là, au-delà du fait qu’on pratiquait un instrument similaire (même si entre une guitare acoustique et une guitare électrique il y a autant de différence qu’entre un piano et un synthétiseur, ce sont deux instruments différents.) Je m’intéresse à tout ce que fait Soïg depuis que je le connais, c’est quelqu’un qui ose, qui prend des risques. Globalement je trouve que c’est super excitant de participer à cette aventure ensemble.

 

DN : Comment allez vous composer votre complémentarité à tous les deux par rapport à cette musique de bagad ?

 

PO’M : le travail qui est intéressant niveau guitaristique, c’est que le bagad est posé, les parties sont écrites, et ce que je trouve intelligent dans la démarche de Cédric, c’est de laisser l’ouverture aux différents artistes avec lesquels il a souhaité travailler. Nous sommes tous complètement autonomes au niveau de notre créativité. Les répétitions qu’on a faites sont fascinantes parce que c’est un laboratoire. Comment on va arranger les sons, faire cohabiter des sonorités de guitare acoustique avec celles de la guitare électrique. C’est pas forcément évident à la base, il faut aller chercher les ponts. Ce qui est attrayant, entre autres dans le projet c’est justement d’essayer de se dépasser, moi vers le monde de Soïg, Soïg vers mon monde, y’a un espèce de carrefour où ça n’arrête pas de se croiser, puis tout le monde va dans la même direction.

 

DN : Pat, que fais tu en ce moment ? As-tu des projets en cours, des concerts ?

 

PO’M : Je suis en plein dans l’opéra rock d’Alan Simon sur Anne de Bretagne dont le disque vient juste de sortir. Les concerts sont les 29 et 30 juin à Nantes au Château des Ducs. C’est une super aventure aussi. C’est une production avec un gros casting, il y aura Barclay James Harvest, un orrchestre symphonique, un bagad, il y a aussi Fairport, Nilda Fernandez, Ange, Didier Squiban, Cécile Korbell, James wood, etc. Après j’embraye sur un autre opéra rock, EXCALIBUR qui se joue en Allemange avec un peu la même équipe au niveau de Fairport et Barclay, il y aura aussi un orchestre symphonique, des danseurs de « River Dance », un acteur local allemand très connu qui fait le récitant, il y aura Allan Parson, des gens de Jethro Tull, Supertramp, ce sont de belles productions. Sinon je prépare mon prochain CD et DVD live, avec de nouveaux morceaux qui vont s’enregistrer fin février. Voilà mon emploi du temps un peu chargé des mois à venir.

 

contact : www.patomay.fr