Jean Louis Henaff responsable du « Bagad Festival »

Divroet New(e)z : qu’est ce que le bagad festival ?

Jean Louis Henaff : le bagad festival est un bagad qui n’existe que pendant une semaine tous les ans durant le Festival de Cornouailles de Quimper, c’est un bagad éphémère.
Il est composé de sonneurs (bombardes et cornemuses) et de batteurs de différents groupes du secteur géographique, jusqu’à une cinquantaine de kilomètres environ. Certains viennent en bus et font jusqu’à trois quart d’heure de route pour venir jouer avec le bagad festival.Il a pour but d’animer une partie de la journée pendant laquelle il nous était impossible de disposer de bagadoù disponibles dans le créneau matinée et début après midi. La plupart des groupes peuvent avoir leurs éléments disponibles mais pas leurs encadrants, le festival a donc proposé à BAS 29 dont je suis membre, de mettre en place un ensemble de sonneurs pour la durée du festival.
Ce sont des sonneurs bénévoles, il n’y a pas de notion d’argent. Ils doivent être disponibles du lundi au vendredi, et ils animent une partie de la journée hors des créneaux pendant lesquels les autres groupes pourraient intervenir, c’est complémentaire des autres associations musicales.Chaque musicien se voit remettre un badge personnalisé qui lui permet d’assister gratuitement à tous les concerts de la semaine, un ou deux tickets de consommation et un repas par jour est pris en charge. Cette année nous sommes une quarantaine.DN : comment s’effectue le recrutement ?JL. H : nous lançons un appel 2 à 3 mois avant le début du festival. Les six dernières semaines nous mettons en place des répétitions par pupitres, puis il y a des répés d’ensemble qui ne sont pas très lourdes, 6 tout confondu.
Nous nous assurons que les inscrits sont à la hauteur musicalement, l’idée est d’avoir un groupe de niveau de 3/4ème catégorie, il y a aussi de bons sonneurs en 5e à eux de prendre contact avec nous s’ils le désirent. Ils sont les bienvenus.
Ça se passe bien à partir du moment où on arrive à connaître le sonneur.Cette année il y a deux sonneurs divroet : une cornemuse et le pen soner du bagad Kiz Avel de Strasbourg. J’ai demandé à des gens qui les connaissaient de confirmer leur niveau par rapport aux partitions et aux éléments techniques que j’attendais d’eux, ce qui m’a été confirmé par des relations de confiance, le monde des bagadoù est une grande famille et on arrive toujours à connaître quelqu’un qui connaît le sonneur.
C’est ouvert aux gens hors Bretagne s’ils ont le niveau, s’ils viennent dans la bonne humeur et s’ils ont envie de faire des rencontres.DN : quel est le répertoire ?

JL.H : j’ai mis en place un répertoire spécifique pour cette occasion, il n’est pas si facile que ça. Je vérifie les détails en répétition d’ensemble et il ne faut pas se tromper.
Dans le répertoire il y a des suites de danses, andro, gavotte, certaines de mes compositions, dans un esprit festif et une reprise d’airs galiciens. Tous les 2 ans il y a une grande banda qui vient et c’est l’occasion de montrer qu’on s’intéresse aussi à ces musiques à partir du moment ou elles sont adaptables. Le but est aussi de faire plaisir aux gamins qui viennent intégrer un groupe, ça leur permet de jouer une musique dans des conditions qu’ils n’ont pas forcément dans leur groupe. L’idée c’est de ne pas faire les même répertoires, c’est de faire des choses plus festives, arrangées mais abordables quand même aussi.
Il y a des outils internet, des logiciels qui permettent de travailler les partitions à la maison.

DN : quel est le niveau d’âge ?

JL. H : entre 13 et 20 ans hormis les strasbourgeois qui sont un peu plus âgés, mais globalement je demande surtout que les musiciens soient prêts car le répertoire n’est pas si facile que ça.

DN : comment ça se passe avec les mineurs ?

JL. H : ça ne pose pas de problèmes de surveillance avec les jeunes. Le festival encadre bien et assume ses responsabilités. Toute personne qui a un badge est référencée sur la semaine et est encadrée. Nous avons signé une convention avec le festival à travers B.A.S. qui met à disposition 3 encadrants professionnels :
je suis responsable en tant qu’enseignant bombarde, Jean-Yves magret comme enseignant cornemuse et Xavier Chavry en tant qu’encadrant caisse claire. Nous avons aussi bien sûr la responsabilité de l’encadrement musical et humain de toute cette équipe là bien sûr.

DN : c’est difficile à mettre en place ce genre de structure ?

JL.H : ça fais 6 ans que ça existe. La formule commence à être bien rodée, ça commence à se savoir et on a un roulement d’environ 60% de personnes qui reviennent dans le bagad festival d’une année sur l’autre. Et pour le reste il y a toujours des gens qui se proposent pour rentrer. Cette année on est dans une bonne année, nous sommes 43 c’est très bien. C’est aussi très bien reçu par le festival, les spécialistes et le public.

DN : un programme est établi ?

JL. H : oui et il leur est envoyé une semaine avant. Il y a en moyenne 5 prestations d’une heure le matin en déambulatoire, dans une zone déterminée. Il y a matière à essayer pleins de choses différentes.
on côtoie des troupes de rue de milieux différents c’est très convivial. Une des conditions pour jouer avec le bagad festival est de participer à toutes les prestations du lundi au vendredi.
A partir de 16h30 ils sont tous libérés et peuvent profiter du reste de la journée avec leur badge.

DN : l’idée de ce bagad est-elle de toi ?

JL. H
: oui elle est venue d’un constat, du fait de ne pas réussir à trouver de groupe pour une partie de la journée. C’était fragile la première année, très fort la deuxième et maintenant c’est devenu quelque chose qui est connu de tous. La logistique est rodée.

DN : comment participer ?

JL. H : il faut envoyer un mail à cette adresse : contact@bas29.com Si vous posez les bonnes questions vous serez orientés vers un des responsables du bagad festival.

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Une participante au bagad festival

Je m’appelle Maïna Sicard-Cras, je joue au bagad Douarnenez. J’ai commencé à l’âge de 7 ans à jouer de la cornemuse.

DN : comment as-tu connu le bagad festival ?

L’année dernière je suis entrée au pipe band kareg an tan et tous mes amis jouaient au bagad festival et ils m’ont proposé d’y venir aussi. C’est ma deuxième année.
Il y a une super ambiance, on rencontre de nouveaux copains et on a un badge qui nous permet d’aller voir tous les concerts et ça c’est super !

DN tu as eu du mal à intégrer le répertoire ?

Cette année c’était bien pour moi car je le connaissais, par contre l’année dernière j’ai eu un peu de mal. J’ai pris des cours particuliers. Nous sommes encadrés par des gens du bagad Quimper qui nous font bien bosser et nous préparent bien pour l’été. Nous avons fait pas mal de répétitions pour être au point. C’est bien, il y a des sonneurs de 3e, 4e et 5e catégorie.

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Un participant au bagad festival

Je m’appelle Romain Hodapp, je joue au bagad Kiz Avel de Strasbourg depuis 4 ans.

DN : comment as-tu connu le bagad festival ?

Une des bombardes de Brest San Mark récemment arrivée à Strasbourg nous a fait passer le mail d’inscription qu’elle avait reçu, nous en avons discuté avec Rodolphe Patin penn soner du bagad et nous nous sommes décidés à tenter l’expérience. Un niveau 4e catégorie est demandé pour intégrer le bagad festival, Jean-Yves et Jean-Louis nous ont évalués.

DN : et le répertoire ?

nous avons eu les partitions un mois et demi avant, il y en a une que je connaissais parce que Florian Nicolas (sonneur à Brieg) nous l’avait apprise lors de son passage à Strasbourg. Jean-Yves Magret nous en avait appris une autre lors d’un stage. Nous avons reçu des fichiers audio et mp3. Ça a facilité le travail.
Nous n’avons fait que les répétitions d’ensemble le jeudi et vendredi précédent le festival et nous avons aussi répété entre nous avec Rodolphe et individuellement bien sûr.

DN : qu’est-ce-que ça t’apporte ?

C’est une expérience supplémentaire, ça nous permet de connaître d’autres personnes, de jouer dans un ensemble avec un niveau plus élevé de ce que nous avons l’habitude et avec des percussions plus conséquentes. Ça permet aussi une progression au niveau de l’instrument car on joue de façon intensive durant toute une semaine. Enfin ça nous permet de découvrir le festival de Cornouailles et de passer du bon temps.

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