Erwan Hamon

Divroet New(e)z : depuis combien de temps fais-tu de la musique?
Erwan Hamon: depuis l’âge de 10 ans à peu près… donc ça fait déjà 20 ans ! En fait, c’est en commençant la flûte à bec à l’école primaire, je devais être en CE2, que j’ai eu envie de découvrir par la suite la flûte irlandaise (tin whistle), la flûte traversière en bois puis la bombarde… Beaucoup d’instruments à vent, j’ai aussi fait de la veuze (cornemuse du pays guérandais) à l’occasion.

DN : as-tu joué en bagad ? (si oui, où ? Pourquoi as-tu arrêté ?)

EH : et non je n’ai jamais joué en bagad… À l’époque il y avait des cours de bombarde à Redon (35) avec Christophe Caron, joueur de bombarde au son très original dans une recherche concertante de l’instrument (formules bombarde-piano, bombarde-orgue, etc.). Il m’a ouvert les oreilles évidemment sur la musique bretonne (entre autre les mélodies), mais aussi sur la musique baroque et la musique classique qu’il pratiquait beaucoup, ce qui est rare et très original à la bombarde. Il nous a maintenant quitté mais je lui dois énormément, c’est lui qui m’a appris la technique de l’instrument.

DN : est-ce que tu as fait des concours ? Tu as gagné ?

EH : oui comme tout jeune musicien ! Mais c’était vraiment un prétexte pour rencontrer d’autres musiciens de mon âge avec qui j’ai joué par la suite (Yannick Noguet, Youn Paranthoën, Janick Martin, etc.). Et puis jouer les premières fois en public !

En vrac, les concours que j’ai gagnés, principalement avec Janick Martin mais aussi en couple biniou-bombarde : la Bogue d’Or (Redon-35), Monterfil (35), Kan Ar Bobl (56), Concours inter-lycées (Lannion-22), etc.

DN : quand est-ce que tu as compris que tu allais faire de la musique ton métier ?

EH : ce n’est pas forcément ce que je voulais faire ! Mais bon, j’ai commencé à donner des cours (bombarde, flûte) à 18 ans, et de fil en aiguille j’ai eu un temps plein en école de musique, et puis j’ai arrêté quelques années plus tard pour me consacrer à mes différents groupes et nouveaux projets (concerts, fest-noz, tournées, stages, …), bénéficiant du régime des intermittents du spectacle.

DN : ton meilleur souvenir de l’année 2008?

EH : 2008… Plusieurs tournées à l’étranger (Glasgow Celtic Connection, Italie, Asturies) et 10 jours à Mexico pour Ollin Kan festival. Un très très bon souvenir, plein de rencontres, beaucoup de monde, des musiciens du monde entier…très dépaysant !

DN : la pire sortie de ta carrière?

EH : j’ai sans doute oublié (vraiment !), c’est relativement rare que ça ne se passe pas bien. Nous arrivons toujours à prendre plaisir dans toutes les conditions… C’est important de jouer avec des musiciens sur qui on peut compter et en qui on a confiance.

DN : tu as des réflexes ou gri-gri avant de monter sur scène ?

EH : non, boire un coup (rires)…

DN : qu’est ce qui t’énerve plus sur tes instruments ?

EH : ça ne marche pas toujours ! Ça peut venir de moi, mais il y a des jours où ça ne sonnent pas… Contexte, température, physique, … c’est imprévisible. Globalement j’ai des bons instruments, l’essentiel est de trouver un instrument sur lequel on se sent à l’aise pour pouvoir s’exprimer. En ce moment, je joue sur des bombardes de chez Hervieux et Glet, et des flûtes de chez Stéphane Morvan, une ancienne flûte du 19e, et puis une de chez Gilles Léhart.

DN : une partition que tu aimes et que tu voudrais conseiller ?

EH : toute belle mélodie suffit à me plaire, quand c’est joué avec sensibilité.

DN : composes-tu? Si oui, comment t’y prends-tu ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

EH : oui je compose… C’est souvent d’inspiration trad, avec un petit truc en plus (mode, ambitus, etc…). Il n’y a pas vraiment de recherche absolue de composer, j’aime bien mélanger les compos et les morceaux traditionnels que l’on se réapproprie, que l’on réarrange… Mes goûts vont du Père Jean qui jouait de l’accordéon jusque dans les années 80 (répertoire de Loire-Atlantique) à Gwerz, toutes les musiques du monde au jazz rock… C’est très vaste ! Je cite souvent dans le domaine de la musique trad Jean-Michel Veillon (flûtiste) avec qui j’ai appris, Matt Molloy, Christophe Caron… Les goupes Barzaz, Gwerz, Tammlès… Les sonneurs Berthou-Molard ou les chanteurs Kerjean-Marchand par exemple… Il y en a beaucoup d’autres !

DN : le duo Hamon/Martin s’est élargi au fil du temps en quintet. Y a-t-il d’autres projets d’élargissement du groupe ?

EH : le duo existe toujours (nouvel album en préparation pour 2009), plutôt en concert.

Le quintet en fest-noz et concert.

La formule « métamorphoses project » (quintet + J.Molard violon, J.Pellen guitare, JM Nivaigne batterie), en concert et de façon plus occasionnelle.

DN : tu as animé un stage de bombarde à Paris en octobre. Qu’est ce qui te donne envie de partager tes connaissances, ton savoir-faire ?

EH : j’ai beaucoup appris moi-même par les stages, ça me plaît d’en animer, les élèves sont souvent demandeurs et curieux. Je trouve que c’est la moindre des choses de transmettre ce que nous connaissons (et qui nous avons appris d’autres…), ça me permet aussi d’analyser des morceaux, de comprendre les difficultés qu’ont parfois les élèves.

DN : on n’a parlé jusqu’ici uniquement de musique bretonne. As-tu d’autres intérêts en matière de musique ?

Oui évidemment, comme tout le monde. Ça va de la chanson (Nougaro) à la fusion (Magma) au jazz (Coltrane)… Encore une fois ce ne sont que des exemples !

DN : quels sont tes projets d’avenir ?

EH : aucun ! Si plein de projets pour 2009… Dans le désordre : la participation à Nantes au zénith en mars, une rencontre avec Gilles Chabenat (vielle) pour les assemblées gallèses (Plumieux 22), création la dame blanche (spectacle chants légendaires), projet de tournée aux Asturies avec musiciens asturiens, bretons et mexicains !), etc.

Plus les « anciens » groupes qui continuent de tourner (Hamon Martin Quintet, Duo, Katé-Mé, …)

Et peut-être un disque live du Quintet Hamon-Martin.

DN : un petit mot pour finir ?

EH : pour plus d’infos, venir me voir lors d’un fest-noz ou d’un concert !

A bientôt

Le MySpace d’Erwan Hamon

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