Dominique Molard

Divroet New(e)z : depuis combien de temps pratiques-tu les percussions ?

Dominique Molard : j’ai commencé à 11/12 ans, ça va faire pratiquement 40 ans. J’ai démarré dans le bagad de Saint-Malo où j’ai fait deux ans de bombarde, mais je voulais apprendre le tambour écossais. J’avais vu le pipe-band de la police d’Edinburgh à Saint-Malo et ça a fait tilt (kilt) aussi bien pour moi que pour mon frère Patrick qui a voulu apprendre la cornemuse. On s’est retrouvé tous les deux dans le pupitre bombarde, puisque à l’époque il y avait assez trop d’effectif en cornemuse et en percussions et pas assez en bombarde, mais ça nous a permis d’apprendre des choses intéressantes. Ça a été ma première expérience, ça devait être en 1966. C’est vraiment le pipe-band qui m’a vraiment impressionné. Donc j’ai voulu jouer de la caisse claire, pour les percussions c’est venu après. J’ai fait du bagad, ensuite du pipe-band (An Ere) en Bretagne et en Ecosse, puis j’ai rejoué en bagad. Là j’ai commencé à jouer du bodhran, c’était lié à la musique bretonne, irlandaise et écossaise. Et petit à petit, en écoutant d’autres musiques je me suis dit qu’il n’existait pas que cela en percussions, mais en Bretagne c’est relativement serré : caisse claire écossaise, bodhran, bones, c’est tout ce qu’il y a au niveau celtique. Donc, aller chercher ailleurs, ça voulait dire aussi pratiquer et écouter d’autres musiques et une fois qu’on met le pied dedans c’est la folie parce qu’il y a des milliers d’instruments. Ça a été aussi l’attrait pour la batterie jazz, rock, j’ai commencé à toucher aux cymbales, etc… Là, c’est la coordination des membres, ce qui n’est pas une mince affaire parce n’importe qui en est capable mais certains ont plus de dispositions que d’autres. Donc, ça a été plutôt : caisse claire, batterie ensuite percussions et ça, c’est un monde magique puisqu’on découvre tous les jours des nouveaux instruments, des nouveaux sons. Ça devient passionnant parce qu ‘on recherche toujours un son particulier pour évoquer une émotion, une couleur, un frisson. En matière instrumentale, on est là pour donner des ambiances, la partie rythmique doit être efficace et la partie ambiance dépend de chacun. Il faut savoir quoi utiliser. Ça demande de fouiller dans des registres très variés de sons : le métal, le bois, les peaux et l’eau aussi qu’on utilise pour certaines percussions. On tombe dans un univers sans à perte de vue.

DN : aujourd’hui tu es familiarisé avec plusieurs types de percussions ?

DM : oui ! bodhran, tablas, derbouka, cajon (la caisse en bois) c’est l’instrument péruvien qui est utilisé dans la musique flamenco. On trouve le cajon dans plusieurs styles de musique mais l’origine, c’est vraiment la caisse en bois qu’on frappe, une sorte de batterie transportable puisqu’on peut avoir un son de caisse claire, de grosse caisse. Tout dépend de l’endroit ou l’on frappe, et de la façon de frapper (doigts, paume de la main, blocage de la planche de frappe avec un pied, etc.) le cajon est un instrument qui me passionne. Egalement les instruments électroniques, puisque j’utilise beaucoup de machines, des samplers, des sequencers. Et tout ça donne accès à une sonothèque complète qui permet de jouer certains instruments encombrants qui seraient difficiles à transporter en cas de déplacement : jouer sur un gong de deux mètres de diamètre, c’est agréable mais ça n’est pas toujours évident à transporter. Cela donne accès à des sons, des bruitages, des bourdons, qu’on aurait du mal à exploiter s’il fallait tout « trimbaler » dans les déplacements, mais à condition de bien savoir s’en servir. Les instruments que l’on trouve sur les machines électroniques sont souvent des véritables instruments enregistrés. Cette utilisation est à manipuler avec précaution, car si on utilise ce support électronique (clavier, pad, sampler, sequencer), il vaut mieux savoir comment se joue l’instrument que l’on veut évoquer, sinon on fait n’importe quoi et on va dans le sens contraire. Si on utilise une technique de jeu qui n’a rien à voir avec l’original, on donne à l’auditeur quelque chose de totalement faux et pas crédible. On entend un son d’instrument qui joue, mais pas de la manière qu’on devrait entendre. La famille des instruments électroniques entre dans une catégorie à part. Ce n’est plus seulement de la technique instrumentale et cela fait appel à d’autres logiques mais cela développe l’agilité de l’esprit. (sourire)

DN : comment choisis-tu une percussion plutôt qu’une autre suivant ce que tu interprètes ?

DM : un exemple : si un(e) chanteur (se) me demande « est-ce que tu peux m’accompagner là-dessus ? » en me faisant écouter une de ses chansons, je recherche, j’essaie de définir des paramètres sonores, des clés. Si c’est un morceau très rythmé et rapide, je me dirige vers des instruments qui vont me permettre ce genre de chose c’est à dire le cajon, les bongos, des congas où le débit et la consistance vont bien servir le propos. Ce qui peut diriger aussi, c’est la couleur du morceau, c’est à dire est-ce qu’il faut donner une couleur précise (orientale, asiatique, africaine, militaire, etc..). Si on utilise les tablas sur un morceau, tout de suite on pense à la musique indienne, si on entend des bongos, des congas c’est plutôt de la musique cubaine. Donc on va vers tel ou tel instrument selon l’esprit et la couleur qu’on veut donner. S’il faut que ce soit neutre ça devient plus compliqué, il faut prendre des instruments qui ne vont pas être reconnaissables au niveau des timbres. Ça peut être une caisse claire, un triangle tout simplement ou alors des bruitages avec des feuilles, des bruissements. Il n’y a jamais de limites sauf celles qu’on se donne. Si c’est un morceau très lent dans lequel on me demande de faire de la rythmique, on va développer un timbre d’instrument (bois, métal, souffle, eau.) Il faudrait avoir des exemples de morceaux car c’est très difficile à expliquer. Ça dépend de la demande de la personne, pas de couleurs ou plutôt telle couleur. Déjà ça élimine les possibilités et ensuite s’il ne faut jouer que des ambiances ou faire de la ponctuation avec beaucoup de silences, on élimine tous les instruments rythmiques et on utilise les percussions selon les matières, les sifflements (archet sur cymbale), on fait vibrer des peaux sans les frapper, c’est l’imagination qui travaille. Je dirais que sur un morceau de musique, sur un même disque je ne vais pas utiliser deux fois le même instrument en général sauf s’il faut donner la même couleur. Je vais toujours chercher ce que le morceau me suggère tout de suite mais naturellement. Il faut que ça soit évident. Avec Gilles Servat, que j’accompagne depuis peu de temps par exemple les mots, les paroles de la chanson me donnent des indications. J’entends des mots qui font appel à la matière. S’il y a le mot « rocher », « feuille », « l’eau », ça me donne des indications et je me dirige sur telle ou telle percussion pour évoquer la matière et servir le texte au mieux. La matière a beaucoup d’importance : le métal, la peau, le bois sont des indications.

DN : y-en a t’il une à laquelle tu es particulièrement attaché ?

DM : je dirais la caisse claire écossaise, elle ne me quitte jamais. Le bagad, ça a été le point de départ, mais j’ai utilisé la caisse claire dans des circonstances complètement différentes comme par exemple avec Jacques Higelin, aux Francofolies de La Rochelle, avec la complicité de mes élèves de l’école de musique de Douarnenez. Ça n’avait aucun rapport avec la musique bretonne, c’était plutôt pour rajouter des sons et une énergie de pupitre. Avec Pat O’May aussi qui joue plutôt du rock, Nilda Fernandez qui fait de la chanson espagnole ou dans la spectacle « De toutes les couleurs » d’Yvan Cassar au sein du pupitre caisses claires de Strathclyde Police, avec l’Orchestre symphonique français, Kudsi Erguner (ney), Shyamal Maitra (tablas), Kakoli Sengupta (chanteuse indienne). C’est un instrument que j’ai voulu utiliser dans un autre contexte que le bagad. On entend souvent la caisse claire dans un contexte très précis avec la cornemuse, la bombarde mais c’est intéressant de la sortir de son sujet, elle me sert de support, je me réfère toujours à elle pour me diriger sur autre chose. L’instrument complémentaire c’est les tablas. C’est quelque chose, au niveau virtuosité, qui est assez proche mais avec une autre philosophie et une palette de sons très riche. La caisse claire a un son de base, puis avec la force de frappe plus ou moins accentuée, on obtient quelques variantes sonores ; les tablas présentent une palette sonore beaucoup plus riche, selon qu’on joue sur le tabla aigu ou le baya grave (avec de nombreuses combinaisons de sons) on peut jouer de la mélodie sur des tablas, chose qu’on ne peut pas faire avec la caisse claire. Sur une caisse claire, on accompagne une mélodie. Les tablas sont pour moi, une révélation ! Ils m’ont fait découvrir le rôle d’une percussion et le rythme en général d’une façon totalement différente.

DN : as-tu un gri-gri ou un rituel avant de rentrer sur scène ?

DM : non, aucun ! Avec des baguettes ou avec les mains, j’ai tendance à m’assouplir les poignets, c’est tout.

DN : qu’est-ce que tu penses des percus en bagad ? Qu’est-ce que tu conseilles ?

DM : les percussions en bagad sont utiles mais depuis quelques années il y a une mauvaise direction qui a été prise, c’est celle d’étaler de plus en plus de matériel (c’est à qui en aura le plus) alors qu’il faut se faire une raison, lorsque l’on voit un percussionniste qui a cinq ou six toms sur lesquels il va jouer et qu’on écoute de loin, un son de peaux reste toujours un son de peaux, il n’y a pas tellement de différences de note, c’est très minime. Je considère que quelqu’un qui a un ou deux instruments sera beaucoup plus imaginatif et créatif que celui qui aura toute une série d’accessoires devant lui. Pour pouvoir utiliser tous les instruments, il faut les connaître parfaitement, ainsi que leurs techniques. Le problème des bagadoù qui utilisent beaucoup de percussions, c’est qu’on a l’impression d’avoir un double pupitre rythmique qui fait un autre accompagnement sans trop de relation avec les caisses claires, ce qui installe une nuisance sonore au lieu de rafraîchir le tout. On entend plus un accompagnement, des sons, du rythme (fort en général) qui deviennent caricature car sans beaucoup de nuances et silences, on n’entend que les accents, ce qui fait que la ponctuation devient plus importante que le discours. C’est totalement hors sujet, mal utilisé. La BAS a créé un quatrième pupitre dans les concours, pour moi c’est une erreur totale de séparer le pupitre percussions de celui des caisses claires. Il y a un seul pupitre percussion, c’est les caisses claires plus le reste mais en aucun cas il ne faut séparer les deux, c’est un ensemble sinon le résultat c’est ce qu’on entend maintenant. Chaque pupitre gère sa situation, ce n’est pas écrit en fonction l’un de l’autre. Ce que je préconise, c’est une écriture unique, une personne qui visualise tout ce qui est rythmique et tout ce qui est son également. Attention aux cymbales aussi on les entend sans arrêt maintenant. Un bagad c’est très aigu que ce soit les caisses claires, les cymbales, les bombardes timbrées. On a des fréquences très utilisées et d’autres beaucoup moins. Les basses sont utilisées ainsi que les aiguës, les médiums beaucoup moins. Je pense qu’il faut arrêter la prolifération des instruments sans raison musicale. A mon avis, il faut comparer le bagad à un orchestre symphonique, où les percussionnistes qui jouent de la caisse claire, des cymbales, des timbales, de la grosse caisse ou du triangle ne le font pas systématiquement du début à la fin, très fort et tous en même temps. Pourquoi les percussions joueraient du début à la fin ? Il n’y a aucune raison. J’ai des idées à proposer, ce sont des choses que je pratique dans différentes situations et je pense que je proposerai cela concrètement aux bagadoù bientôt dans un bouquin parce que ça me semble vraiment essentiel. Pas seulement pour les percussionnistes, mais pour la musique de bagad en général parce que ça a une incidence sur les autres pupitres.

DN : quel est ton meilleur souvenir de l’année 2005 ?

DM : il y a beaucoup de bons moments mais j’aurais une préférence pour le concert de Stok an Dañs qui m’a apporté un plaisir au festival de Monterfil ou au fest noz vras du Festival Interceltique de Lorient. Un groupe breton de percussions du monde, qui fait danser les gens en fest noz où le public (danseurs, musiciens, techniciens et spectateurs) manifeste son intérêt (appréciations et encouragements), je crois qu’on ne peut rien espérer de mieux. Notre démarche d’interpréter la musique bretonne par les rythmes et les percus n’est pas évidente puisque jamais réalisée auparavant. C’est le résultat d’une prestation réussie. Pas seulement une prestation mais une réflexion.

DN : faire de la musique avec des sonorités importées c’est l’enrichir ?

DM : oui avec dosage. C’est difficile de répondre parce que si c’est en bagad on ne peut pas utiliser n’importe quoi. Déjà il ne faut pas que ça ressemble à n’importe quoi. S’il s’agit d’accompagner avec des instruments d’ailleurs il faut faire attention que ça ne prenne pas le dessus sur l’image générale de la musique. Si on a une impression de métissage, de collage, si c’est au niveau des percussions, le choix est très vaste mais le bon choix est très difficile. C’est une question de dosage et de respect de l’instrument qu’on va rajouter, on respecte la musique qu’on interprète mais il faut aussi respecter l’instrument qu’on utilise et ce n’est pas toujours le cas. Lorsqu’on voit un batteur jouer avec des baguettes sur des congas ou sur un darbouka pour moi c’est un manque de respect de l’instrument puisque ce n’est pas fait pour jouer comme ça. Je ne condamne pas les expériences mais on peut aussi taper sur des poubelles. Donc méfiance il faut connaître avant d’utiliser.

DN : est-ce qu’il y a danger pour un bagad de jouer du traditionnel et se laisser porter par d’autres influences ?

DM : oui il y a danger s’il n’y a personne pour mettre des limites. Soit c’est délibéré de faire une autre musique avec des instruments bretons comme la bombarde et la cornemuse, soit le but est de faire de la musique bretonne embellie par des couleurs, des parfums, dans ce cas là c’est intéressant. Mais il faut vraiment qu’il y ai une personne avec du recul qui contemple l’oeuvre finale. Les expériences individuelles de chacun, ce n’est pas trop intéressant Ce qu’on demande à un bagad c’est de faire une prestation, d’avoir quelque chose qui dégage. Je le compare quelque fois à une recette de cuisine, si on met trop de ceci ou trop de cela c’est raté, les épices il faut faire attention. :-)

DN : les percus ne sont pas trop en vogues dans les bagadoù, pourquoi ?

DM : il y a eu une scission. Avant ce qu’on appelait les ténors utilisait des mailloches uniquement, après il y a eu un petit changement quand la Kevrenn Alré avec Roland Becker a commencé à faire des choses un peu différentes. Je me souviens bien de ce moment là. Roland Becker avait quelque chose de très important par rapport aux autres, il écrivait la totalité des morceaux pour tous les instruments, comme un compositeur chef d’orchestre. Il savait très bien ce qui allait se passer du début à la fin. Il utilisait les sons, des techniques différentes. Certains ont voulu copier évidemment l’année suivante, mais avec des chefs de pupitres qui avaient des écritures parallèles, il y avait moins d’osmose entre les gens. Ce n’est pas facile d’écrire pour un bagad entier car il faut connaître la possibilité de chaque instrument, des gens qui le jouent, avoir une bonne connaissance de la musique qu’on interprète, ça demande un réel savoir. Ce changement de percussions légères comme font toujours les pipe-band écossais, ces toms avec les mailloches qui ont un son relativement doux, c’est un petit accompagnement. en Bretagne ça a dégénéré. Il n’y a plus de limite, mais le bon goût, l’esthétique et la musicalité doivent rétablir les choses essentielles. « Qui peut plus peut moins » !

DN : tu es juge percus, pourquoi ?

DM : Tout simplement, la BAS m’a demandé de venir juger les percussions en bagad, connaissant mon expérience de batteur en bagad au départ, donc de caisse claire. Je n’ai jamais été percussionniste en bagad mais plutôt batteur. Les percussions, je les utilise dans d’autres formes de groupe mais souvent en musique bretonne, donc les sujets se rejoignent. Je traite le même sujet depuis de nombreuses années donc je peux dire que j’ai relevé beaucoup de choses, d’idées, sur la façon d’accompagner telle danse, telle mélodie et tel style. Donc à travers mes commentaires lors des concours, j’écoute. Pour moi il y a des erreurs de faites, je dis ce que je pense après reste à chacun de changer les choses ou pas par rapport à ce que j’ai dit. Il arrive que je constate que des remarques que j’ai formulées ont été prises en considération. Dans ces concours là, on se sent vraiment seul, en percussion on est seul à juger en pupitre, je ne peux pas détacher mes oreilles du pupitre caisses claires. Un juge percussions qui sera d’un autre milieu musical va écouter les percussions et ne jugera pas de la même façon parce qu’il n’aura pas l’oreille sur le pupitre caisses claires avec la même rigueur. Ce que j’essaie de faire, c’est de faire partager mon expérience rythmique sur la musique bretonne. Je pratique d’autres musiques mais je mets un point d’honneur à travailler sur la musique bretonne, j’ai décortiqué tout ce qui est rythmique sur la musique bretonne. Il me reste encore beaucoup de choses à faire mais j’ai élaboré plusieurs « recettes » que j’ai analysées et pratiquées, que ce soit en bagad ou en groupe de fest noz. Vraiment il y a des points précis à respecter.

DN : quels sont tes projets d’avenir ?

DM : j’ai un bouquin en cours, des conseils, des observations, des mises en pratique, des choses que j’ai pu voir sur le rythme en général et sur la musique bretonne en particulier à travers tous les instruments que j’ai rencontré, comment accompagner un andro, une gavotte, une danse plin, etc.. avec par exemple le darbouka, les tablas, le cajon, etc.… Donner les clés qui manquent en ce domaine (comment aborder telle danse en fonction de telle ou telle percu car chaque instrument a son rôle, sa fonction, son débit, sa technique). Et pour connaître la réponse à ces questions, il faut savoir comment l’instrument s’exprime naturellement dans sa musique pour comprendre ce qu’il doit recevoir de l’instrumentiste. Cela permettra de gagner du temps et d’aller dans la bonne direction, j’espère.

Ensuite le prolongement, la continuation du groupe Stok an Dañs qui est né en 2001. En fin d’année on travaille sur un projet qui réunit Stok an Dañs et les danseurs de Marumba. Il s’agit de faire un spectacle sur la musique bretonne à danser et qui va lier les percussions de Stok an Dañs et les danseurs hip hop de Marumba. On veut reformuler la danse bretonne à travers le hip hop avec les rythmes des danses. Musicalement ce sont des percus, des voix et des machines telles qu’on a l’habitude de le faire dans Stok et les danseurs hip hop sont brésiliens, marocains, tunisiens. Ils utilisent la capoeïra, la break dans, toutes les techniques de hip hop. On va reformuler la danse et la musique bretonne par cette technique là. Ce spectacle s’appelle « Armorythmes ». C’est un jeu de mot entre Armorique et rythme, c’est un projet pour 2006. On espère intéresser une grande partie des festivals pour tourner ce spectacle, c’est quelque chose peut-être d’un peu osé parce qu’il s’agit de montrer la danse bretonne sous une autre forme. Je suis partisan des techniques modernes, à toutes sortes d’expression artistiques : la danse, la musique, mais pas forcément avec les techniques traditionnelles (que je respecte) mais toutes les choses comme l’électronique. La danse hip hop est un autre domaine que je ne connaissais pas. Je ne la danse pas mais c’est un sujet qui m’intéresse par le mouvement, le visuel. Je connais les pas de chaque danse bretonne, je sais comment ça se manifeste, alors je donne des indications aux danseurs hip hop, eux ne connaissent pas nos pas mais ils vont utiliser les bases et vont exprimer des choses différemment et de manière visuelle. Le hip hop est une danse individuelle, pas une danse de groupe, donc l’individu s’exprime de façon beaucoup plus complète. On va éclater le sujet de cette façon là et s’éclater par la même occasion.

A côté de ça, c’est toujours les projets avec Skolvan, avec la Coopérative, Toud Same’s, Melaine Favennec, Gilles Servat. Ce sont des choses qui se rejoignent mais ce n’est jamais identique. Je n’ai pas envie de faire deux fois la même chose. Par exemple jouer dans deux groupes de fest noz ça ne m’intéresse pas forcément, sauf si le sujet est traité de façon opposée comme rock ou acoustique pour ne pas se répéter. J’essaie de faire une réflexion sur différentes sortes de musique. En tout cas pour ne pas faire la même chose, chaque fois que je change de groupe, je change systématiquement mon set de percussions, je me crée, un set de jeux différents pour jouer sans cesse me renouveler.

DN : en conclusion ton petit mot de la fin !

DM : J’espère que la musique bretonne poursuivra son chemin dans le monde et s’exprimera de multiples façons en rassemblant le maximum de gens car, il faut reconnaître que la musique en général peut relier les gens de façon saine et positive. Elle a un grand pouvoir quelque soit sa provenance. Plus que tout autre chose, la musique est un trésor qui est à l’intérieur de chacun. Chacun peut garder son secret à l’intérieur, sans jamais en être dépossédé, c’est un bien immatériel mais tellement essentiel, c’est ce que j’essaie de transmettre aux gens avec qui je travaille.

Mots-clés :