Comment grimper les marches qui mènent au succès…

ou l’art de jouer de la grande cornemuse !

Voici une nouvelle série d’articles faits pour vous aider à obtenir le maximum de vous-même et de votre instrument, à n’importe quel niveau que vous vous trouviez, et même si vous ne jouez pas en compétition, et si votre seul but est seulement de vous améliorer.
Le diagramme ci-dessous parle de lui-même. Il représente les marches que chaque sonneur doit monter s’il ou si elle souhaite atteindre un niveau raisonnable de jeu.
Comme la première marche le montre, le fondement d’un bon jeu est : une cornemuse en bon état de marche et c’est sur quoi nous allons nous concentrer dans cet article.
Avant de commencer, je voudrais vous rappeler que vous trouverez tout les explications sur la maintenance de la cornemuse dans le « Tutor 2″ du College of Piping car nous ne pourrons pas couvrir en détail tous les sujets dans cet article.
Un bon instrument doit d’abord avoir une poche étanche, confortable et ne retenant pas trop l’humidité. Je veux dire par là que la poche doit jouer son rôle en gardant les anches sèches.
On me demande souvent quel genre de poche il faut acheter. Je réponds toujours que cela dépend de la physiologie du sonneur et du pays dans lequel il joue. Un sonneur qui a un souffle humide dans un climat sec peut se satisfaire d’une poche synthétique qui n’absorbera que très peu d’humidité. À l’inverse d’un sonneur qui a un souffle humide dans un climat humide sera plus à l’aise avec une poche en peau et un système de contrôle d’humidité.
Ne jamais prendre une poche trop grande pour vous. La règle est simple : le haut du bras doit contrôler la poche tandis que l’avant-bras doit rester libre et souple pour mieux contrôler le doigté.
De grandes poches peuvent absorber plus d’humidité mais risquent de compromettre le doigté en glissant sur l’avant-bras.
La poche en peau est la meilleure option pour le confort. Bien qu’un peu chère, une poche en peau peut être faite sur mesure. Les poches synthétiques ont des formes standard auxquelles les sonneurs doivent s’adapter. Le point fort de ces poches est qu’elles durent longtemps si l’on utilise un bon système anti-humidité. La poche synthétique doit être complètement étanche alors que la poche en peau demande des vérifications plus régulières ainsi qu’un graissage régulier car il y a souvent des fuites autour des souches.
Une chose est absolument certaine : vous n’arriverez jamais à avoir une cornemuse stable et confortable s’il y a des fuites. Ne JAMAIS persévérer avec une poche qui n’est pas étanche.
Pour finir, la poche doit être recouverte d’une housse qui soit adaptée à la taille de la poche. Une housse trop petite ne permettra pas à la poche de se gonfler complètement et une housse trop grande sera du plus mauvais effet.
Il serait préférable d’acheter une housse avec une bande antidérapante pré-cousue. Cela fait économiser pas mal de temps et de tracas.
J’insiste toujours pour que les élèves utilisent un piège à eau pour leur cornemuse. C’est une garantie supplémentaire pour avoir une poche qui garde les anches le plus au sec possible.
Pour les climats très arides, la seule chose dont on peut avoir besoin est un petit déflecteur que l’on placera au fond de la souche du porte-vent pour envoyer l’air humide dans la poche plutôt que vers l’anche de chanter. Ceci est très important.
Je suppose que vous avez maintenant une bonne poche avec des souches bien propres. Nous pouvons alors maintenant vérifier les fillasses. Cela doit être fait avec du fil jaune poissé. Ne perdez pas votre temps avec du fil brut. Si vous le faites, les jointures seront impossibles à bouger dès qu’elles seront humides.
Vérifier d’abord les joints du bourdon basse. Ils doivent être imbriqués fermement dans les souches, serrés mais pas trop. Idem pour le chanter et le sutel. Bien vérifier tous les joints pour qu’il ne subsiste aucune fuite. Prenez votre temps pour refaire les filasses proprement et vous n’aurez plus à les faire pendant plusieurs années.
Les joints du milieu doivent aussi être refaits et l’on doit pouvoir les bouger facilement pour s’accorder sans qu’ils n’oscillent. Toujours utiliser du fil poissé.
J’aimerai finir avec deux ou trois petits trucs de plombiers : le téflon accorde une bonne étanchéité et est un lien qui permet de faire monter et descendre la partie haute du bourdon sans forcer. La partie haute de la section basse doit être fixée fermement, jamais plus bas que la ligne du fil.
Si la partie haute de la section basse est trop proche de la couronne de la partie du milieu, vous aurez plus de chance que votre bourdon s’arrête ou joue sur une double tonalité au démarrage.
Une fois que vous en avez terminé avec cette étape, jetez un coup d’oeil à l’intérieur des bourdons. Est-ce que toutes les perces sont bien concentriques ? Si elles ne le sont pas il faut réajuster le fil en conséquence.
Puisque nous en sommes toujours aux bourdons, assurez-vous que les cordes sont proprement attachées et que la distance entre chaque bourdon de dépasse pas 20 cm.
Maintenant nous devons nous occuper du porte vent et de sa valve. Le premier doit avoir une longueur adaptée : pas trop long pour que votre cou ne soit pas repoussé en arrière et que vos bras ne soient pas complètement tendus pour pouvoir atteindre les trous du chanter.
Déterminez la longueur de votre porte-vent en vous assurant que le milieu du chanter soit à peu près en ligne avec votre diaphragme. Je recommande les valves synthétiques, il y en a beaucoup et de différentes marques sur le marché qui sont très efficaces. Si elles sont en nylon ou substance similaire, elles devraient durer toute une vie si on en prend soin. Évitez celles qui se fixent à l’intérieur de la perce du porte-vent. Cela peut restreindre le flot d’air et rendre votre instrument plus difficile à contrôler.
Vous êtes maintenant prêt à vous occuper des anches de votre cornemuse.
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