Le Télégramme 07 août 2011

QUIMPER

Bagadoù : Kemper conclut l’affaire

Il fallait bien que ça arrive un jour : après trois ans de règne, Cap Caval est donc tombé et laisse sa couronne à Kemper. Le championnat des bagadoù a livré, hier à Lorient, un joli duel entre les deux favoris et sacré un beau champion.

L’attente fut longue. Vers 21h, la fumée blanche est enfin sortie du bureau des juges: premier à Brest, premier à Lorient, le bagad Kemper n’a pas laissé Cap Caval (Plomeur) reprendre la main et a même creusé l’écart. Quelque 38 centièmes seulement les séparaient après la manche brestoise de février. Les Quimpérois portent leur avance à 70 centièmes. La puissance de leur souffle a tout emporté sur son passage, y compris la décision des juges…

C’est le printemps

Dans l’antre des Merlus déserté de ses pensionnaires, la deuxième manche du championnat des bagadoù a accouché, hier, d’un tout aussi âpre affrontement qu’une journée de reprise de la Ligue 1. Et pourtant, le ciel menaçant a hésité à pourrir l’ambiance, la pluie compliquant passablement la tâche des premières formations à se présenter. Ajoutez à cela un retard à l’allumage et un concours décalé d’une heure…

Il n’en fallait pas beaucoup plus pour installer une certaine forme de léthargie dans les tribunes clairsemées.

Arrosés, les premiers bagadoù ne déméritent pas et puis, enfin… Le soleil. Un soleil venu du Maroc, qui réchauffe les travées et fait monter la température sur la scène. Le bagad de Saint-Nazaire a invité les Gnawas d’Agadir. Sans trop se préoccuper du règlement ou même de jouer la gagne, les histrions livrent une prestation entraînante, baptisée «Le printemps de jasmin», en référence aux révolutions arabes. Moment de grâce quand le chant de Mehdi flirte avec la cornemuse et installe un silence quasi-religieux dans le stade. L’émotion ne laisse pas coi longtemps, et les travées explosent dans un déluge de décibels quand les deux formations soeurs se retirent. Décomplexé, Saint-Nazaire terminera 6e.

Cap Caval au galop

Dans l’arène, c’est le début de la course aux armements. Progressivement, on va rentrer dans le costaud. Briec souffle le show, séduit le public, mais beaucoup moins les juges qui lui réservent la dixième place. Les tribunes du Moustoir se sont noircies.

La pression monte. Salves d’encouragements pour accompagner Cap Caval, qui va tout donner ; le bagad a bâti sa prestation autour de différentes danses du pays plinn au pays de Pontivy, en flânant du côté des pays fisel et pourleth… La danse s’éclipse doucement, et laisse place à une mélodie, «Gwerz an ene reizh», composée par Donatien Laurent. On monte encore d’un cran avec la dans fisel puis la gavotte Pourlet et un puissant laridé-gavotte pour baisser le rideau.

Solide. Très solide. «On a fait exactement ce qu’on avait prévu de faire», lance à chaud Tangi Sicard en faisant place nette au bagad de Penhars (5e) et ses airs à danser circassiens.

Rafales quimpéroises

Et Kemper s’installe. Une suite vannetaise maîtrisée à la perfection. Un Hanter-dro qui chatouille les jambes des danseurs. Une mélodie plus calme qui annonce la tempête. Et le bouquet final qui illumine les visages de marbre des juges : une succession de gavottes pourleth pour mettre tout le monde d’accord. Auray, pour son retour à la compétition, ferme la marche, mais se fait souffler la troisième place lorientaise par un épatant Locoal-Mendon.

Pas de mal: les Alréens ferment tout de même le podium d’un championnat qui sacre un beau vainqueur devant des Lorientais d’autant plus aux anges que la journée a accouché d’un nouveau sourire avec la remontée en première catégorie… du bagad de Lorient.

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